Un CV de moniteur auto-école se lit vite. Le gérant cherche trois choses : votre diplôme, votre autorisation d’enseigner et vos catégories de permis. Que vous sortiez du Titre Professionnel ECSR ou que vous arriviez par une reconversion vers le métier de moniteur, votre CV doit montrer que vous connaissez le métier. Pas seulement que vous êtes motivé. Voici comment je le construirais.
Les informations de base d’un CV d’enseignant de la conduite
Avant de parler d’expérience, posez les bases. Un CV de moniteur auto-école doit contenir :
- Vos coordonnées : nom, prénom, téléphone, email, ville de résidence. L’adresse exacte est inutile.
- Un titre clair : « Enseignant de la conduite et de la sécurité routière » ou « Moniteur auto-école, titulaire du Titre Pro ECSR ». Évitez « En recherche d’emploi », qui ne dit rien.
- Une accroche de 2 à 3 lignes : votre diplôme, ce que vous savez faire, le poste visé. Par exemple : « Enseignant de la conduite titulaire du TP ECSR, formé au REMC. Stages en leçons individuelles, cours collectifs et rendez-vous pédagogiques de conduite accompagnée. »
- Votre photo : elle n’est pas obligatoire. Dans un métier de contact, je la conseille. Choisissez un portrait sobre.
- Les catégories de permis détenues : B, BE, A2, A, C, CE… C’est souvent la première ligne que le recruteur cherche.
Compétences à mettre en avant sur votre CV
Le métier mobilise des savoir-faire variés. Sur votre CV, classez-les en trois familles.
Compétences pédagogiques
C’est le cœur du métier. Reprenez le vocabulaire de la fiche officielle du titre (RNCP 41862) : un recruteur du secteur le reconnaît tout de suite.
- Construire et animer des séances individuelles ou collectives conformes au REMC, le référentiel de la formation (Référentiel pour l’éducation à une mobilité citoyenne)
- Réaliser l’évaluation de départ et suivre la progression de chaque élève
- Faire travailler les 4 compétences du permis B : maîtriser le maniement du véhicule dans un trafic faible ou nul, appréhender la route et circuler dans des conditions normales, circuler dans des conditions difficiles et partager la route, pratiquer une conduite autonome, sûre et économique
- Animer des séances collectives sur le Code de la route et les facteurs de risque
- Encadrer l’intervention d’un tiers, comme l’accompagnateur en conduite accompagnée et le rôle de l’enseignant lors des rendez-vous pédagogiques
Compétences relationnelles
Enseigner la conduite, c’est d’abord un métier de contact. Ces qualités font souvent la différence en entretien :
- Patience et adaptation face à des publics très différents : adolescents, adultes anxieux, personnes en reconversion
- Écoute et reformulation
- Calme en situation de circulation réelle
- Repérer les difficultés d’apprentissage et proposer une remédiation
Compétences techniques
- Connaissance du Code de la route et de la réglementation de l’enseignement
- Outils numériques : logiciels de gestion d’auto-école, simulateurs, supports multimédias
- Conduite préventive et enseignement de l’écoconduite en auto-école
- Si c’est votre cas : enseignement sur boîte manuelle et sur boîte automatique
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Expérience professionnelle : comment la valoriser
C’est la partie qui inquiète le plus, surtout les débutants. Trois cas se présentent.
Vous sortez de formation
Le TP ECSR comprend 280 heures de stage en entreprise : une période de 140 h pour le CCP1 du Titre Pro ECSR et une de 140 h pour le CCP2 et son action de sensibilisation. C’est une vraie expérience. Présentez-la comme un poste :
- Le nombre d’élèves suivis pendant le stage
- Les types de séances : leçons individuelles, cours collectifs de code, rendez-vous pédagogiques
- L’action de sensibilisation menée pour le CCP2 : public, lieu, thème
- Les missions confiées par votre tuteur
Vous êtes en reconversion
Votre ancien métier compte. Un commercial sait gérer la relation client. Un ancien militaire connaît la rigueur et la sécurité. Un formateur sait déjà animer un groupe. Repérez vos compétences transférables et reliez-les au métier :
- Suivi d’un portefeuille clients → accompagnement personnalisé des élèves
- Management d’équipe → animation de séances collectives
- Métier technique (mécanique, transport) → connaissance du véhicule et des risques routiers
Vous avez déjà exercé comme moniteur
Détaillez chaque poste avec des éléments concrets : nombre d’élèves suivis par an, résultats à l’examen si vous les connaissez, spécialités (conduite accompagnée, moto, poids lourd, post-permis). Indiquez la durée passée dans chaque structure.
Diplômes, mentions et autorisation d’enseigner
C’est la rubrique que le recruteur vérifie en premier. Sans le bon diplôme et sans autorisation d’enseigner, il ne peut pas vous faire travailler. Écrivez les intitulés exacts :
- Titre professionnel Enseignant de la conduite et de la sécurité routière (TP ECSR), niveau 5 (bac +2). Il a remplacé le BEPECASER en 2016. Il se compose de deux CCP : le CCP1 « Former des apprenants conducteurs par des actions individuelles et collectives, dans le respect des cadres réglementaires en vigueur » et le CCP2 « Sensibiliser l’ensemble des usagers de la route à l’adoption de comportements sûrs et respectueux de l’environnement ».
- BEPECASER : s’il a été obtenu avant le 31 décembre 2016, il permet toujours d’enseigner. Indiquez l’année et les mentions « deux-roues » ou « groupe lourd » si vous les avez (obtenues avant le 31 décembre 2019). Plus de détails sur l’ancien brevet BEPECASER.
- CCS du TP ECSR : deux-roues motorisés ou groupe lourd. Ils ouvrent l’enseignement des catégories moto (AM, A1, A2, A) ou poids lourd et transport en commun. Voir la spécialisation de moniteur moto-école et le CCS groupe lourd pour enseigner le poids lourd.
- BAFM : son examen a été abrogé en 2021 et remplacé par le titre FMESR (formateur des moniteurs), délivré par la branche des services de l’automobile. Un BAFM déjà obtenu reste valable. Si vous avez l’un ou l’autre, mettez-le en avant. La page BAFM et titre FMESR explique la différence.
- Autorisation d’enseigner : elle est délivrée par le préfet. Indiquez les catégories qu’elle couvre et sa date de fin de validité.
- Formations continues : stages de perfectionnement, écoconduite, simulateur, etc.
Ajoutez vos permis de conduire avec leur date d’obtention. Pour obtenir l’autorisation d’enseigner, le permis B doit être sorti de la période probatoire. Le recruteur le vérifiera.
Les erreurs courantes à éviter
Après 30 ans dans la formation des enseignants de la conduite, j’ai vu passer beaucoup de CV. Voici les erreurs qui reviennent le plus :
- Un CV trop long : une page suffit pour un débutant, deux au plus pour un profil expérimenté. Un gérant d’auto-école lit votre CV entre deux leçons.
- Aucune mention du REMC : c’est le référentiel qui structure toute la formation au permis. Ne pas le citer, c’est comme un professeur qui ne parlerait pas de son programme.
- Des qualités vagues : « dynamique », « motivé », « travailleur » ne disent rien. Préférez des compétences précises, liées au métier.
- Oublier les catégories de permis ou l’autorisation d’enseigner : ce sont les premières choses qu’un exploitant vérifie.
- Négliger la mise en page : un CV aéré et lisible fait meilleure impression qu’un document surchargé. Un modèle sobre suffit.
- Envoyer le même CV partout : adaptez-le à chaque auto-école. Si l’établissement forme à la moto, mettez en avant votre CCS deux-roues ou votre permis A.
Exemple de structure de CV moniteur auto-école
Voici un plan type à adapter à votre parcours :
| Rubrique | Contenu recommandé |
|---|---|
| En-tête | Nom, photo si vous le souhaitez, coordonnées, titre du poste visé |
| Accroche | 2 à 3 lignes : diplôme, expérience clé, poste recherché |
| Compétences clés | 6 à 8 compétences ciblées (pédagogie REMC, évaluation, accompagnement, outils numériques…) |
| Expérience professionnelle | Postes et stages du plus récent au plus ancien, avec des éléments concrets |
| Diplômes et autorisation | TP ECSR (ou BEPECASER), CCS, BAFM ou FMESR, autorisation d’enseigner, formations continues |
| Permis | Catégories détenues avec dates d’obtention |
| Informations complémentaires | Langues, centres d’intérêt en lien avec la mobilité ou la sécurité |
Et voici à quoi peut ressembler le CV d’une jeune diplômée. Le nom et les structures sont fictifs :
Julie Martin, Enseignante de la conduite et de la sécurité routière
06 XX XX XX XX · [email protected] · Nantes
Accroche : titulaire du TP ECSR, formée au REMC. 280 h de stage en auto-école : leçons B, cours collectifs, rendez-vous pédagogiques. Je cherche un poste d’enseignante B en CDI.
Compétences : évaluation de départ · séances individuelles et collectives · suivi de progression · encadrement des accompagnateurs · écoconduite · logiciel de gestion d’auto-école
Expérience
Stage CCP2, 140 h : auto-école de quartier, 2 enseignants. Action de sensibilisation sur l’alcool au volant auprès d’élèves de seconde.
Stage CCP1, 140 h : auto-école de centre-ville, 4 enseignants. Leçons de conduite B et cours collectifs de code.
2018-2024 : conseillère clientèle, banque de détail. Accueil, conseil, suivi de portefeuille.
Diplômes et autorisation
Titre professionnel ECSR (niveau 5), 2026
Autorisation d’enseigner catégorie B, délivrée en 2026
Permis : B (2015)
Envoyez votre CV en PDF pour garder la mise en page. Joignez une lettre de motivation qui dit pourquoi cette auto-école vous intéresse, elle et pas une autre.
Pour trouver des offres, vous pouvez consulter jobautoecole.com, la plateforme d’emploi des auto-écoles que j’édite. Joignez-y une lettre de motivation adaptée à l’auto-école. Avant l’entretien, regardez aussi le salaire du moniteur selon la grille conventionnelle : vous saurez de quoi vous parlez si la question vient sur la table.
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