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Les 9 sous-compétences C1 : maîtriser le véhicule pas à pas

Compétence 1 du permis B et ses 9 sous-compétences

La compétence 1 du permis B s’intitule « Maîtriser le maniement du véhicule dans un trafic faible ou nul ». Maîtriser le maniement, c’est installer des automatismes. Trafic faible ou nul, c’est travailler sur piste, sur parking ou dans des rues calmes. Tout le reste de la formation repose dessus.

Cette compétence regroupe 9 sous-compétences. Leurs intitulés viennent du programme de formation du livret d’apprentissage B (arrêté du 29 juillet 2013, en vigueur depuis le 1er juillet 2014), construit sur le référentiel REMC et son approche par compétences. Sur les 4 compétences du permis B, le GECASER B en détaille 32 au total : 9 pour la compétence 1, 7 pour la 2, 9 pour la 3 et 7 pour la 4.

Pour chacune des 9, je vous donne ici ce que j’en retiens après 30 ans de formation : un exercice et un point de vigilance. Le reste (raisons, risques, influences, pressions, critères d’évaluation, commentaire pédagogique) est dans le livre.

Les 9 sous-compétences de la compétence 1 et leurs intitulés exacts

  • C1a : connaître les principaux organes et commandes du véhicule, effectuer des vérifications intérieures et extérieures
  • C1b : entrer, s’installer au poste de conduite et en sortir
  • C1c : tenir, tourner le volant et maintenir la trajectoire
  • C1d : démarrer et s’arrêter
  • C1e : doser l’accélération et le freinage à diverses allures
  • C1f : utiliser la boîte de vitesses
  • C1g : diriger la voiture en avant en ligne droite et en courbe en adaptant allure et trajectoire
  • C1h : regarder autour de soi et avertir
  • C1i : effectuer une marche arrière et un demi-tour en sécurité
Grille de progression de la compétence 1 du GECASER B : intitulé de la compétence et liste des 9 sous-compétences C1a à C1i
Extrait du GECASER B, p. 26

Les lettres C1a à C1i sont la numérotation du GECASER, pas celle du livret officiel. Elles sont indicatives : elles n’imposent aucun ordre. Vous pouvez aborder ces sous-compétences dans l’ordre qui convient à votre élève, et votre évaluation de départ de l’élève vous aide à le choisir.

C1a : organes, commandes et vérifications

L’élève doit comprendre à quoi sert ce qu’il touche. Un exemple simple : les voyants ont des couleurs différentes. Vert et bleu pour l’information, orange pour l’avertissement, rouge pour l’urgence.

Un exercice : faites le tour du véhicule avec l’élève. Feux, clignotants, rétroviseurs, pare-brise, essuie-glaces, plaques, pneus. Puis il ouvre le capot et contrôle lui-même les niveaux : liquide de refroidissement, liquide de frein, huile, lave-glace.

Le point de vigilance : ne gardez pas les vérifications pour la fin de la formation. Je les traite en fil rouge, un peu à chaque leçon. À l’examen pratique, l’inspecteur demande une vérification intérieure ou extérieure, plus une question de sécurité routière et une question de premiers secours (1 point chacune). Le GECASER B propose 50 questions intérieures et 50 extérieures, tirées au sort avec les deux derniers chiffres du compteur kilométrique.

C1b : s’installer au poste de conduite

Trop loin ou trop près du volant, l’élève fait des erreurs de trajectoire. Trop près des pédales, ses freinages deviennent imprécis au moment du rétrogradage.

Un exercice : faites régler dans un ordre fixe et commenter à voix haute. Siège (hauteur puis profondeur), dossier, appui-tête, volant, rétroviseurs, ceinture. Celui qui règle ses rétroviseurs avant son siège doit tout recommencer.

Le point de vigilance : la ceinture, bien attachée, sans pince et non vrillée. En 2024, selon l’ONISR, 22 % des personnes tuées dans un véhicule à ceinture ne la portaient pas (parmi celles dont on connaît la situation). Et une astuce pour la sortie : ouvrir sa portière avec la main droite (poignée hollandaise), pour ne pas oublier le contrôle de l’angle mort.

C1c : tenir et tourner le volant

Le geste suit le regard. Le GECASER B distingue trois cas. En ligne droite et en courbe, les mains ne bougent pas. En virage, la main côté virage monte en haut du volant. Dans un tournant (plus d’un quart de tour), on chevauche les mains.

Un exercice : un slalom entre des cônes. Espacements larges d’abord pour travailler le virage, puis serrés pour le chevauchement. Ensuite, des « 8 » en première au ralenti, en associant mains et regard.

Le point de vigilance : à ce stade, une erreur de trajectoire vient le plus souvent du regard, pas des mains. Surveillez quand même la position des mains (9 h 15 ou 10 h 10, jamais à l’intérieur du volant). Une mauvaise habitude ici gênera plus tard les giratoires, les virages et les tournants en agglomération.

C1d : démarrer et s’arrêter

L’embrayage a une course à vide entre la position débrayée et le point de patinage. Il faut l’expliquer : l’élève qui ne la connaît pas cherche son point de patinage au mauvais endroit. En côte, le frein à main évite de reculer pendant cette recherche.

Un exercice : provoquez un calage et entraînez la reprise. On redémarre en restant en vitesse, sans revenir au point mort. Si l’élève regarde ses pieds ou n’écoute pas son moteur, faites-lui faire un démarrage les yeux fermés, sur une aire dégagée.

Le point de vigilance : le vocabulaire. « Embrayer » et « débrayer » se confondent sans arrêt chez les débutants. Je conseille d’éviter le mot « embrayer » et de parler de relâcher l’embrayage.

 

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C1e : doser l’accélération et le freinage

En première, l’accélérateur est très réactif. L’appui doit rester souple et léger. Lâcher l’accélérateur donne le frein moteur, qui peut être brusque sur ce rapport court. On débraye avant l’arrêt quand on ne sent plus de frein moteur, pas au dernier moment.

Un exercice : l’arrêt de précision. La voiture roule à 20 km/h environ. L’élève regarde ses rétroviseurs, puis arrête le pare-chocs avant au niveau d’un repère, à 50 cm près.

Le point de vigilance : à ce stade, l’élève ne passe peut-être pas encore les vitesses. Le dosage « à diverses allures » se travaille donc aussi plus tard, avec C1f et C1g. Ne validez pas trop vite.

C1f : utiliser la boîte de vitesses

La grille est normalisée : des ressorts ramènent le levier vers le point mort, entre la 3e et la 4e. La main se place paume sur le côté pour la 1re et la 2e, paume sur le dessus sans serrer pour la 3e et la 4e. C’est ce qui évite la 3e à la place de la 1re.

Un exercice : à l’arrêt, faites passer tous les rapports sans regarder le levier, la main revenant sur le volant entre chaque vitesse. Puis, en roulant, guidez la montée des vitesses avant de laisser l’élève faire seul.

Le point de vigilance : le rétrogradage pendant le freinage. Beaucoup d’élèves lâchent la pédale de frein dès qu’ils débrayent. Résultat : une allure trop élevée et un ralentissement mal maîtrisé.

C1g : diriger la voiture en ligne droite et en courbe

C’est le moment de relier tous les exercices précédents. Le GECASER B résume le regard en HLLM : haut, loin, large, mobile. Regarder loin ne veut pas dire fixer : un regard fixe attire la voiture vers ce qu’il fixe. Pour ne pas oublier le frein à main au départ, j’y donne aussi le mémo VIF : vitesse, indicateur, frein à main.

Un exercice : le freinage dégressif. Lancé à 30, puis 40, 50 et 60 km/h, l’élève freine fort, maintient, puis relâche la pression juste avant l’arrêt. Vous repérez un mauvais freinage aux têtes des passagers, qui partent en avant puis en arrière à l’arrêt.

Schéma comparant le freinage dégressif (partie efficace puis relâchement en douceur, bon objectif d'arrêt) et le freinage progressif (pression croissante et brutale, mauvais objectif d'arrêt)
Extrait du GECASER B, p. 63

Le point de vigilance : les fondamentaux (regard, pédales, volant, levier) doivent être solides avant de passer à la circulation. « Ne pas chercher donc à brûler les étapes » : pas d’exercices prématurés, pas de terrain trop chargé pour le niveau de l’élève.

C1h : regarder autour de soi et avertir

Le champ visuel atteint 180° à l’arrêt. Il se réduit avec la vitesse : environ 90° à 50 km/h, 40° à 90 km/h et 30° à 130 km/h. Malgré les rétroviseurs, il reste des angles morts sur les côtés, à l’avant et à l’arrière.

Schéma vu du dessus du champ visuel du conducteur sans tourner la tête : champ des rétroviseurs intérieur et extérieurs, angles morts à gauche et à droite
Extrait du GECASER B, p. 67

Un exercice : sortez de la voiture. Placez-vous dans le champ du rétroviseur intérieur, puis des rétroviseurs extérieurs, puis dans l’angle mort gauche. L’élève vous suit dans les miroirs, puis en vision directe, vitre baissée pour vous entendre. Il voit de ses yeux où vous disparaissez.

Le point de vigilance : créez l’automatisme sans le rendre mécanique. Règle de base : on ne touche pas la manette du clignotant sans avoir contrôlé derrière. Mais un « intérieur-extérieur-angle mort » récité à chaque fois ne sert à rien. Demandez plutôt souvent « Y a-t-il quelqu’un derrière ? ». Comme je l’écris dans le GECASER : « Générer un automatisme ne veut pas dire souligner une erreur ». La conduite commentée par l’élève est l’outil idéal pour vérifier qu’il sait quand et où regarder.

C1i : marche arrière et demi-tour

En marche arrière, la position du corps change : l’élève regarde par la vitre arrière, le plus loin possible. Les rétroviseurs seuls ne suffisent pas. En ligne droite, la main gauche reste en haut du volant sans bouger : c’est son repère pour savoir si les roues sont droites, et il ne tourne jamais de plus d’un quart de tour.

Un exercice : le demi-tour en 3 temps, de préférence entre deux trottoirs, à allure escargot pour ne pas heurter la bordure. Sur une chaussée étroite, il faudra parfois 5 temps.

Le point de vigilance : l’allure lente se tient avec le point de patinage et l’accélérateur. Pas avec le pied droit sur le frein pendant la recherche du point de patinage : c’est un non-sens mécanique.

Préparer vos séances et le bilan de la compétence 1

Le REMC n’impose pas d’évaluation intermédiaire. Je conseille quand même un bilan de la compétence 1. L’élève situe sa progression et s’habitue au stress de l’évaluation. Une dizaine de minutes sur un terrain calme suffit, en lui faisant commenter ce qu’il fait : installation, démarrage, vitesses, ligne droite, marche arrière, demi-tour, arrêt dosé, puis cinq questions.

Chaque sous-compétence ne se limite pas au geste. Le GECASER B la traite aussi sous l’angle des influences de l’entourage et des pressions sociales, ce qui renvoie aux niveaux supérieurs de la matrice GDE et ses 5 niveaux.

Si vous préparez le titre professionnel ECSR, ces 9 sous-compétences sont le terrain de vos premières leçons. À l’épreuve de pédagogie sur véhicule du CCP1 du titre pro, vous devez situer votre élève et choisir des exercices adaptés. La trame de pédagogie sur véhicule vous aide à structurer cette séance. Pour voir comment le livre est organisé, consultez le sommaire détaillé du GECASER.

 

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denis dugué

Expert en formation à la conduite, j’ai conçu et rédigé plusieurs manuels de référence, dont le GECASER B et le GECASER 2 Roues, et contribué aux questions officielles du code de la route. Fondateur d’Activ Permis, j’ai développé des DVD et un site d’apprentissage en ligne : le code en ligne. J’ai collaboré avec les grands éditeurs (Codes Rousseau, Ediser, ENPC) et participé aux réformes de la formation avec le ministère des Transports. Formateur de moniteurs pour toutes catégories de véhicules, j’ai aussi mené des campagnes de sécurité routière.

Je suis le concepteur de l'application Permis.Fun, disponible sur iOS et sur Androïd.
Et j'ai créé le site jobautoecole.com pour mettre en relation les enseignant(e)s de la conduite et les exploitant(e)s auto-école.

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