Le BAFM (brevet d’aptitude à la formation des moniteurs) n’est plus délivré. La dernière session organisée par le ministère de l’Intérieur a eu lieu en 2019, et l’arrêté qui l’avait créé a été abrogé le 28 janvier 2021. Pour devenir formateur d’enseignants de la conduite aujourd’hui, il faut passer le titre à finalité professionnelle Formateur aux métiers de l’éducation et de la sécurité routières (FMESR), délivré par l’ANFA. Je suis titulaire du BAFM depuis 1991 : voici ce qu’était ce brevet, ce qui l’a remplacé et ce que deviennent ceux qui l’ont obtenu.
Le BAFM n’est plus délivré : les dates officielles
Le passage du BAFM au FMESR s’est fait en plusieurs étapes. Les voici, avec le texte qui fait foi pour chacune.
| Date | Ce qui se passe | Texte de référence |
|---|---|---|
| 23 août 1971 | Arrêté relatif au BAFM, qui organise l’examen jusqu’à sa dernière session | Arrêté du 23 août 1971 modifié |
| Session 2019 | Dernière session du BAFM organisée par le ministère de l’Intérieur | Notice de l’arrêté du 28 janvier 2021 |
| Juin 2020 | La commission paritaire nationale des services de l’automobile valide le référentiel du FMESR | Fiche RNCP 39726, communiqué ANFA du 29 septembre 2021 |
| 28 janvier 2021 | Abrogation de l’arrêté du 23 août 1971 (publiée au Journal officiel du 11 février 2021) | Arrêté du 28 janvier 2021, NOR INTS2030075A |
| 8 juillet 2021 | Premier enregistrement du FMESR au RNCP (fiche 35734, niveau 5) | Communiqué ANFA, fiche RNCP 35734 |
| 8 août 2022 | Les arrêtés sur les centres de formation et sur les stages de sensibilisation citent le FMESR à côté du BAFM | Arrêtés du 8 août 2022 (JO du 13 août 2022) |
| 31 octobre 2024 | Nouvel enregistrement au RNCP, fiche 39726, au niveau 6, valable jusqu’au 31 octobre 2029 | Fiche RNCP 39726 (France Compétences) |
Un point de vocabulaire, car la confusion est fréquente. Le FMESR n’est pas un titre professionnel du ministère du Travail comme le TP ECSR. C’est un titre à finalité professionnelle créé par la branche des services de l’automobile, avec l’ANFA comme certificateur. On le trouve aussi sous les sigles TFP FMESR ou TPFMESR.
Ce qu’était le BAFM
Le BAFM, de son nom complet brevet d’aptitude à la formation des moniteurs d’enseignement de la conduite des véhicules terrestres à moteur, était le diplôme le plus élevé de la filière. Il permettait de former les futurs enseignants de la conduite, ceux qui préparaient le BEPECASER puis le titre pro ECSR. C’était un examen d’État, organisé une fois par an. Je l’ai obtenu en 1991, et il a structuré toute ma carrière de formateur.
Conditions d’accès au BAFM
Pour s’inscrire, il fallait être titulaire du BEPECASER, ou d’un titre reconnu équivalent, depuis plus d’un an à la date des épreuves d’admissibilité. L’expérience seule ne suffisait pas : le diplôme d’enseignant était obligatoire.
Certains candidats étaient dispensés des épreuves écrites d’admissibilité. Il fallait avoir le BEPECASER et, en plus :
- soit un diplôme national de deuxième cycle d’études supérieures (licence, maîtrise, master) ;
- soit cinq années d’enseignement dans un établissement secondaire ou supérieur, général, technique ou agricole.
Le dossier se déposait à la préfecture du lieu de résidence, dans les délais fixés chaque année.
Les épreuves du BAFM
L’examen se passait en deux temps. Les épreuves écrites d’admissibilité avaient lieu à l’automne, dans quelques centres d’examen (Paris, Lyon, Bordeaux pour la métropole en 2011). Le programme couvrait la réglementation de la circulation routière (seule épreuve où le Code de la route était autorisé), des notions de droit civil, administratif, pénal et du travail, et la psychologie des conducteurs et la pédagogie de la conduite.
Les épreuves orales d’admission se déroulaient à partir du mois de mars suivant. Elles étaient trois :
- la leçon d’enseignement théorique, avec un élève en formation au BEPECASER ;
- l’interrogation sur le véhicule, sans aucun document ;
- la critique d’une leçon de conduite, avec un enseignant de la conduite et un élève conducteur ayant au moins dix heures de conduite en circulation.
La critique de leçon était l’épreuve qui demandait le plus de recul : observer un collègue au travail, analyser sa démarche et proposer des pistes concrètes. C’est encore aujourd’hui le cœur du métier de formateur.
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Le titre FMESR qui remplace le BAFM
Le titre Formateur aux métiers de l’éducation et de la sécurité routières est enregistré au RNCP sous le numéro 39726, au niveau 6 (bac + 3 et 4). Le certificateur est l’ANFA, pour le compte de la commission paritaire nationale des services de l’automobile.
Conditions d’accès au FMESR
La fiche RNCP fixe deux prérequis :
- être titulaire d’un des titres ou diplômes cités aux articles R. 212-3 et R. 212-3-1 du Code de la route (BEPECASER, TP ECSR) ;
- justifier d’au moins 1 607 heures d’expérience comme enseignant de la conduite et de la sécurité routière au cours des 5 dernières années, hors temps de formation.
Le titre est ouvert en formation continue, en apprentissage, en contrat de professionnalisation et par la VAE. Seuls les organismes habilités par l’ANFA peuvent préparer au FMESR. Pour demander cette habilitation, un centre doit avoir l’agrément préfectoral des centres de formation d’enseignants et mener en parallèle une formation au TP ECSR. Pour savoir où se forment les enseignants, consultez la carte des centres de formation TP ECSR par région.
La fiche RNCP ne fixe pas de durée de formation. Elle varie selon l’organisme et le parcours : demandez-la au centre habilité avant de vous engager.
Les 3 blocs de compétences
- Bloc 1 : conception de l’ingénierie de formation et pédagogique appliquée au domaine de l’éducation routière ;
- Bloc 2 : déploiement de l’offre de formation initiale et continue appliquée au domaine de l’éducation routière ;
- Bloc 3 : gestion et coordination d’actions appliquées au domaine de l’enseignement de la conduite et de la sécurité routière.
L’évaluation comprend deux mises en situation, trois études de cas suivies chacune d’un entretien, un mémoire professionnel construit à partir d’une observation en entreprise, et un entretien final. Le jury compte trois membres : un représentant des organisations professionnelles, un représentant des syndicats de salariés et un formateur désigné par l’ANFA qui n’a pas suivi le candidat.
Le titre reste rare. France Compétences recense 14 certifiés en 2023 et 19 en 2024.
Titulaires du BAFM : ce que vous gardez
Si vous avez le BAFM, vous n’avez rien à repasser. L’abrogation de 2021 a mis fin à l’examen, pas aux diplômes déjà délivrés. Les textes publiés depuis citent les deux certifications côte à côte :
- Former les futurs enseignants : les annexes de l’arrêté du 12 avril 2016, modifié le 8 août 2022, demandent pour les formateurs du TP ECSR et des CCS deux-roues et groupe lourd un intervenant « titulaire du BAFM ou du FMESR ». C’est le cas pour les modules qui préparent au CCP1, au CCP2 et aux CCS.
- Animer des stages de sensibilisation à la sécurité routière : l’arrêté du 26 juin 2012, modifié le 8 août 2022, cite le BAFM et le TPFMESR parmi les diplômes de l’animateur expert en sécurité routière. Ces stages sont animés en binôme avec un psychologue.
Le cadre de ces activités est détaillé dans notre page sur la réglementation des auto-écoles et des centres.
Côté convention collective, le répertoire de la branche (RNQSA, version de janvier 2025) classe le formateur aux métiers de l’éducation et de la sécurité routières en cadre niveau I, degré A, B ou C. Pour les grilles des enseignants, voir notre article sur le salaire d’un moniteur auto-école.
BAFM, FMESR et TP ECSR : qui forme qui
Le TP ECSR forme les enseignants de la conduite, ceux qui apprennent à conduire aux élèves. Le BAFM, et aujourd’hui le FMESR, forme ceux qui forment ces enseignants. Le formateur n’a pas d’élèves conducteurs en face de lui : il a des stagiaires qui seront moniteurs demain. La question du vocabulaire, moniteur ou enseignant, est d’ailleurs restée floue à ce niveau aussi. J’en parle dans mon article formateur de moniteurs ou formateur d’enseignants.
| Critère | BAFM | FMESR |
|---|---|---|
| Statut | Plus délivré (dernière session en 2019) | Titre en vigueur |
| Certificateur | État (ministère de l’Intérieur pour la dernière session) | ANFA, pour la branche des services de l’automobile |
| Accès | BEPECASER ou équivalent depuis plus d’un an | BEPECASER ou TP ECSR + 1 607 h d’expérience sur les 5 dernières années |
| Évaluation | Examen national : écrits d’admissibilité, puis 3 oraux d’admission | Mises en situation, études de cas, mémoire professionnel, entretien devant un jury de 3 membres |
| Préparation | Libre | Uniquement dans un organisme habilité par l’ANFA, ou par la VAE |
Pour un enseignant en poste, le FMESR reste l’évolution logique. Il faut d’abord le diplôme d’enseignant : tout commence par devenir enseignant de la conduite, puis accumuler les 1 607 heures d’expérience demandées. Les dispositifs de prise en charge sont détaillés sur la page coût et financement de la formation.
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